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Les Paraiges

 

Dix-huit Messins, hommes et femmes, se sont regroupés pour réinventer les paraiges. 

Les paraiges rappellent cette République messine, ville libre d’Empire, véritable état souverain du XIIIe au XVIe siècles, dominant un plat pays nommé Pays Messin, le pagus Mettensis de César.

Metz au 17e

  Metz au milieu du XVIIe siècle

 

Animateurs et « amoureux » de Metz, les paraiges sont une somme de compétences représentant diverses disciplines (architecture, archive, art, bâtiment, économie, histoire, journalisme, pharmacie...) et rassemblées pour faire avancer des idées, des dossiers, des projets, sans parti pris idéologique, politique ou religieux.

  Le programme de nos travaux en 2010 portera sur l’urbanisme, en partant d’un postulat : Metz est le berceau de l’écologie urbaine. C’est aussi le thème discuté par les 35 académies de France qui se réuniront en octobre 2010, dans le cadre de leur assemblée annuelle.

  L’ouvrage Qualité de la vie et centre ville de Roger Klaine, publié en 1975, semble être le texte fondateur d’une véritable école de pensée écologique née et expérimentée à Metz. A partir de ce livre, nous analysons les propositions de l’époque, évaluons la situation actuelle, et abordons la prospective.

  Les dix-huit paraiges sont les suivants : paraige de l’autrement, de l’étiquette, de l’extérieur, de l’histoire, de l’hospitalité, de l’impact, de la fouille, de la nature, du bâti, du courrier, du faisable, du net, du papier, du rayonnement, du temps, du trésor, du voyage et du commun.

  Les paraiges se retrouvent en une réunion plénière le troisième mercredi de chaque mois.

Lundi 24 janvier 2011 1 24 /01 /Jan /2011 20:37

L’aménagement programmé du Boulevard Maginot (route départementale qui a vocation à intégrer le patrimoine de la ville de Metz) en 2011 et les travaux prévus dans la porte des Allemands d’ici à 2013 devraient être l’occasion de revoir les abords de la porte et son affectation.

La porte des Allemands est un des sites symboles de la ville de Metz, avec la cathédrale. Unique château-pont médiéval conservé en France, elle est constituée de trois éléments : la porte proprement dite, située côté ville, datant de 1220, à laquelle fut ajoutée en 1445 une porte extérieure, qui ne forme qu’une seule construction avec la première, grâce à une arche au-dessus de la Seille.

Porte des Allemands-

Restaurée au XIXe siècle, la porte est déclassée, avec le reste de l’enceinte fortifiée, par Guillaume II en 1892. Doublée par un pont la même année, son accès est depuis lors réservé uniquement aux piétons, conservant ainsi son rôle multiséculaire de porte d’entrée et de sortie de la cité. La ville l’acquiert en 1900 et y installe un musée d’histoire locale, dispersé en 1940.

Fortement endommagée en 1944, la porte se cherche depuis une destination. Seul vestige des anciennes fortifications, propriété municipale depuis plus d’un siècle, ce site exceptionnel mérite une autre fin qu’un énième lieu de restauration, sous le couvert d’un alibi « culturel ».

Pour cela, il faut améliorer son environnement en repensant sa place dans la ville grâce à deux aménagements majeurs : la création d’un parvis et la construction d’une passerelle afin de rejoindre le parc de la Seille.

La création d’un parvis piéton reliant la porte à la rue des Allemands, proposé lors des États généraux d’Outre-Seille fin octobre, reprend un projet des années 1980, chiffré et approuvé à l’époque par les services des monuments historiques. Non réalisé par l’ancienne municipalité, cet équipement de qualité pourrait servir d’écrin à ce joyau du patrimoine messin. La circulation automobile du boulevard s’effectuerait alors par une trémie souterraine d’une vingtaine de mètres, semblable à celle située devant la ville close de Saint-Malo. Un tel parvis sécurisé permettrait, outre la mise en valeur de ce site prestigieux, une meilleure liaison entre Bellecroix et l’ancienne ville.

De plus, la porte des Allemands étant située sur la Seille, il convient d’aménager une passerelle en bois, similaire à celle du quai du Temple-Neuf créée au début des années 1980. Longeant la Seille à hauteur respectable (à cause des crues) jusqu’aux Arènes et au parc de la Seille, elle permettrait enfin l’achèvement de la liaison Seille-Moselle. L’accès à la passerelle se ferait par l’escalier à vis visible dans la cour et débouchant aujourd’hui au-dessus de la rivière.

Enfin, Metz, étant candidate à l’obtention du label « Ville d’art et d’histoire », se doit de créer un centre d’interprétation de l’architecture et du patrimoine, destiné à présenter l’histoire et les projets d’aménagement contemporains de la ville. La porte des Allemands se prête tout à fait à ce projet, qui pourrait être couplé à une antenne de l’office de Tourisme. Dans ce cas, pourquoi ne pas reconstruire les bâtiments détruits lors de la libération de la ville en novembre 1944, afin d’augmenter la surface aménageable pour que le site accueille aussi les 89 maîtres d’art français ? La porte deviendrait ainsi une vitrine exceptionnelle de la création française contemporaine, à proximité du faubourg d’Outre-Seille et du Centre Pompidou.

Par les Paraiges - Publié dans : Porte des Allemands
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Lundi 24 janvier 2011 1 24 /01 /Jan /2011 20:35


 

Les propos outrageants de Christine Bravo, qualifiants les Messins d’agir contre-nature et d’habiter une gigantesque caserne, permettent de mesurer le déficit d’identité (qui certes n’est pas nouveau) que connaît la capitale lorraine. Cette chroniqueuse semble en être restée au Tour de Gaule d’Astérix (1965), où la spécialité de la ville est... sa garnison.

Metz conserve donc son image de ville militaire qui lui colle si bien à la peau depuis le XVIIe siècle. Pourtant, Jean-Marie Rausch avait tout mis en œuvre pour la gommer. Par voie de conséquence, l’armée, sans états d’âme, est en train de prendre ses cliques et ses claques ne gardant pour elle que l’emblématique caserne Ney, ce poids mort entre ancienne et nouvelle ville qui aurait fait un si beau palais des Congrès.

Au lieu de déterrer les soubassements de l’amphithéâtre (le plus grand de Gaule, le cinquième de l’empire romain) situé devant Pompidou, et d’en faire un jardin, ce qui lui aurait conféré à peu de frais une image gallo-romaine, l’agglomération messine a préféré nous inonder d’une dispendieuse campagne de publicité, primée récemment. Réalisée par des Parisiens (hors de Paris point de salut), elle explique à la France entière (ou presque) qu’il faut venir à Metz parce qu’il faut venir à Metz ! Sur les affiches, on n’y voit que des hystériques, en crise pour obtenir ce « privilège », ce qui semble curieux comme opération marketing. En effet, les perceptions négatives mènent souvent à des croyances et à des effets négatifs plus puissants.

Encore une fois, comme c’est le cas dans la communication de la ville de Metz depuis 2008, on a mis en avant des individus afin de valoriser un territoire et une ville, pourtant berceau des Carolingiens, du Chant grégorien et de l’Écologie urbaine et possédant de nombreux atouts à mettre en valeur : son histoire bimillénaire, sa cathédrale à la nef vertigineuse, son Esplanade ouverte sur une trouée verte, ses bords de rivières enrichis de monuments en pierre de Jaumont, ou encore ses édifices classés du IVe siècle à nos jours. Non, notre richesse n’est pas seulement humaine. Tout sociologue observe que ce qui séduit dans une ville c’est avant tout son cadre de vie et sa dimension culturelle et patrimoniale. Arrêtons de « vendre » Metz comme une ville nouvelle, création ex nihilo du XXIe siècle, mais vantons cette « ville aux campagnes magnifiques » (Verlaine).

Loin de s’interroger sur une hypothétique identité nationale, il conviendrait aux décideurs messins d’affirmer l’identité et la mémoire d’une cité multiséculaire par la connaissance de ses mythes fondateurs et de ses composantes historiques. En effet, le développement de Metz et de son agglomération ne peut se faire qu’à l’aune de son passé prestigieux.

Par les Paraiges - Publié dans : Image de Metz
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Lundi 24 janvier 2011 1 24 /01 /Jan /2011 20:30

Les Paraiges s’inquiètent une nouvelle fois du manque de transparence sur les grands projets en cours de réalisation.

La place de la République, dont l’aménagement s’est dévoilé au fur et à mesure des travaux, est particulièrement décevante.

Mettis-Belle-Isle.jpg

Présentée par l’Adjoint « chargé de la démocratie participative », en l’absence perpétuelle du premier adjoint à l’urbanisme, la réunion organisée le soir du 20 janvier sur les bouleversements qui vont être opérés au niveau du quartier Belle-Isle pour le passage du Mettis, restera comme une illustration de feu le « centralisme démocratique ». Ceux qui avaient naïvement donné foi à l’invitation à « dessiner leur quartier » s’en sont trouvés bien maris. Qu’on se rassure les 472 places de stationnement nécessaires au besoin actuel des riverains seront sauvées, toutefois 370 logements vont être créés dans l’ancienne Manufacture des tabacs.

Comme sur la place de la République, toutes les perspectives, que les architectes du XVIIIe siècle avaient su créer, seront brisées. On essaiera bien d’en ouvrir une nouvelle et en louchant un peu on pourra voir Saint-Simon depuis Saint-Vincent... Quant à l’élargissement si redouté du Moyen-Pont, il n’était pas l’ordre du jour. En parlera-t-on avant qu’il soit trop tard ou considérera-t-on qu’il est hors débat puisqu’il ne fait que relier deux quartiers ?

Les paraiges s’inquiètent, souhaitent vivement que tous ceux qui ont voix au chapitre osent s’exprimer.

Par les Paraiges - Publié dans : Mettis
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Lundi 24 janvier 2011 1 24 /01 /Jan /2011 20:29


Dans quelques jours les Messins vont découvrir sous quel angle la ville de Metz pourrait être inscrite sur la liste du patrimoine de l’humanité. Pour obtenir la reconnaissance planétaire de ce qui compte en qualité patrimoniale, dans son sens le plus humain et le plus large. Un label aujourd’hui très convoité par les sites majeurs qui ne sont pas encore inscrits, comme Metz. Comme tout cercle très fermé, il y a des règles, des approches et des usages qu’il est préférable de connaître pour poser sa candidature.

Il est d’usage, par exemple, quand une ville est candidate, de créer un comité de soutien pour la formulation du projet de la candidature à l’Unesco. Mais à Metz, il n’existe toujours pas. Or, la mobilisation des citoyens pour soutenir une candidature est l’un des principaux paramètres dans la décision de l’Unesco. La démocratie participative doit peser dans ce projet.

Il est aussi d’usage de créer un comité scientifique, ce qui fut fait en 2009. Mais les

consignes de ce comité sont « silence radio ». A quelques jours du choix du type de

candidature, rien ne filtre, et les Messins vont de nouveau être mis devant le fait

accompli.

Unesco.jpg

Depuis 2003, pour compléter la liste du patrimoine matériel, l’Unesco a créé une liste du patrimoine immatériel. La cuvée 2010 du patrimoine immatériel fait enfin parler d’elle. « L’art du pain d’épice en Croatie du nord », le « flamenco espagnol» et en France, le « point de dentelle d’Alençon », « le compagnonnage », et surtout le « repas gastronomique des Français» ont rejoint la liste des 166 labels Patrimoine Immatériel de l’Humanité.

Toute légitimité de candidature doit tenir dans sa formulation. Par exemple, en 1980, Carcassonne fut candidate au classement sous l’appellation « Chef d’œuvre de l’art militaire médiéval ". Refusé. En 1997, elle fit une nouvelle tentative sous l’appellation « Cité du moyen âge revisitée au XIXe siècle » (épiphénomène Viollet-le Duc...). Accepté.

La notion matérielle semble inadaptée pour Metz. Mais dans le cas d’une candidature de la ville à l’immatériel, les possibilités d’inscriptions deviennent multiples. Metz, capitale de l’Austrasie, de la Lotharingie, berceau des Mérovingiens, des Carolingiens, mais aussi du chant Grégorien, de la langue franque ou de l’Amérique ... C’est à Metz qu’on a inventé l’assistance aux soldats ennemis blessés, et c’est à Metz qu’on trouve la plus vieille église et la plus vieille synagogue de France. C’est à Metz qu’on a créé le jour de la Toussaint en 835, ainsi que l’ordre des Chanoines. Metz est la capitale d’une région qui a inventé le vélo (Michaux), la voiture (Cugnot) et l’aérien (Pilatre de Rozier).

Metz comme véritable berceau de l’Europe: Charlemagne fut le premier initiateur de l’espace européen. Suivi quelques années plus tard de Robert Schuman, véritable Père de l’Europe. De 800 à 1950, Metz a échafaudé l’Europe. L’Unesco ne peut que le valider. D’autant que Metz (Scy-Chazelles) est déjà classé au Patrimoine Européen avec Avignon et Cluny, et bénéficie du label Europa Nostra (Récollets).

Metz comme berceau du prince des poètes : Paul Verlaine, qui est l’auteur du mot de passe du débarquement du 6 juin 1944, que des millions de gens connaissaient par cœur et qui se perd un peu aujourd’hui: les sanglots longs des violons de l’automne ...

Paul-Verlaine.jpg

Metz comme triste creuset des guerres mondiales: en 1867, Otto von Bismarck explique à Guillaume Ier, que seule la ville de Metz peut permettre la création de l’Empire allemand. Puis 1870, 1914, 1939. Partout ailleurs, il était question d’occupation, ici c’était l’annexion de fait.

Metz comme unique cathédrale au monde à ne pas avoir eu de portail occidental.

En plus d’être le bâtiment le plus vitré du monde gothique, possédant les plus grandes verrières... (cf Monumental 2009)

Et pour la petite histoire, la liste Unesco est à ce point sensible qu’en cas de réponse négative, le refus n’est pas motivé au candidat, et les dossiers sont retirés des archives de l’Unesco, pour être remis directement au Président du Patrimoine Mondial, actuellement le marocain Abdelaziz Touri.

Par les Paraiges - Publié dans : Unesco
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Lundi 13 septembre 2010 1 13 /09 /Sep /2010 09:18

 

De Marie Judlin, présidente de Oui, Vivre en Outre-Seille.   

 

Les orientations et projets de la Ville de Metz sur l'avenir de la Porte des Allemands (RL du 2 septembre) ne témoignent guère, quant au procédé employé, de la démocratie participative chère à l'actuel maire de Metz, principe phare du programme électoral de sa liste, en 2008.

Cette volonté affichée de mettre en place d'une démocratie participative avait suscité dans les quartiers un immense espoir (...) .Les Messins auraient leur mot à dire avant que leurs élus ne prennent les décisions qui concernent leur vie quotidienne ou celle de leur quartier. C'est ainsi que des comités de quartier ont été mis en place.

 

Place-des-Charrons.jpg

La place des Charrons, coeur d'Outre-Seille

 

Le quartier Outre-Seille, au grand dam de ses habitants - près de 4 000 - ne fut pas doté d'un comité spécifique mais inclus dans un grand centre ville ! Peu importe puisque le maire affirma publiquement que l'association représentative des habitants du quartier Oui, Vivre en Outre-Seille faisait déjà fonction de comité. A elle d'être consultée sur les projets destinés à améliorer la qualité de vie et à valoriser le patrimoine d'un quartier riche de son histoire et de sa mixité sociale.

C'est dire que la déception est grande en Outre-Seille puisque rien n'a réellement changé depuis deux ans. Deux dossiers sensibles pour le quartier étayent notre propos : la transformation de la place Mazelle et les orientations pour la Porte des Allemands.


Deux exemples emblématiques


Le premier concerne la présentation, le 12 juillet dernier, du projet retenu par le conseil municipal pour transformer la place Mazelle en un espace de rencontre et de convivialité. Les représentants des habitants d'Outre-Seille, présents avec ceux du comité de quartier centre ville, découvraient un projet sur lequel ils n'avaient jamais été consultés et qui, répondit-on alors, ne leur était pas destiné ! Alors que le premier quartier concerné est bien Outre-Seille !

Le second concerne la réhabilitation, espérée depuis des décennies, de la Porte des Allemands, monument emblématique et porte d'entrée de la Ville de Metz pour les Messins de Bellecroix et, au-delà, les Mosellans de l'Est et les visiteurs étrangers. Or, l'adjoint à la Culture nous apprend, dans le RL que trois millions d'euros seront consacrés à faire de la Porte des Allemands « un lieu vivant avec un projet culturel et commercial ». Lequel ? Et concédé à qui ? Cette fois encore, le quartier est mis devant le fait accompli et l'équipe en place reprend un mode de fonctionnement qu'elle stigmatisait jadis chez son adversaire !

Que les élus s'expliquent sur la contradiction qu'ils entretiennent entre leur intention de dialoguer et leur incapacité à le faire. Pourquoi pas le 23 octobre, lors des premiers Etats Généraux d'Outre-Seille qu'organisent et préparent ensemble l'association

Oui, Vivre en Outre-Seille et celle des Artisans, commerçants et professions libérales, dans un réel esprit de citoyenneté participative ?

Ces Etats Généraux ont pour finalité de faire aux élus des propositions susceptibles de hâter le développement et la mise en valeur d'un quartier dont l'histoire révèle que les habitants ont toujours manifesté un esprit frondeur mais également constructif. 

Article paru dans le Républicain lorrain, le 4 septembre 2010.

Par les Paraiges - Publié dans : Outre-Seille
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