Un projet pour la porte des Allemands
L’aménagement programmé du Boulevard Maginot (route départementale qui a vocation à intégrer le patrimoine de la ville de Metz) en 2011 et les travaux prévus dans la porte des Allemands d’ici à 2013 devraient être l’occasion de revoir les abords de la porte et son affectation.
La porte des Allemands est un des sites symboles de la ville de Metz, avec la cathédrale. Unique château-pont médiéval conservé en France, elle est constituée de trois éléments : la porte proprement dite, située côté ville, datant de 1220, à laquelle fut ajoutée en 1445 une porte extérieure, qui ne forme qu’une seule construction avec la première, grâce à une arche au-dessus de la Seille.

Restaurée au XIXe siècle, la porte est déclassée, avec le reste de l’enceinte fortifiée, par Guillaume II en 1892. Doublée par un pont la même année, son accès est depuis lors réservé uniquement aux piétons, conservant ainsi son rôle multiséculaire de porte d’entrée et de sortie de la cité. La ville l’acquiert en 1900 et y installe un musée d’histoire locale, dispersé en 1940.
Fortement endommagée en 1944, la porte se cherche depuis une destination. Seul vestige des anciennes fortifications, propriété municipale depuis plus d’un siècle, ce site exceptionnel mérite une autre fin qu’un énième lieu de restauration, sous le couvert d’un alibi « culturel ».
Pour cela, il faut améliorer son environnement en repensant sa place dans la ville grâce à deux aménagements majeurs : la création d’un parvis et la construction d’une passerelle afin de rejoindre le parc de la Seille.
La création d’un parvis piéton reliant la porte à la rue des Allemands, proposé lors des États généraux d’Outre-Seille fin octobre, reprend un projet des années 1980, chiffré et approuvé à l’époque par les services des monuments historiques. Non réalisé par l’ancienne municipalité, cet équipement de qualité pourrait servir d’écrin à ce joyau du patrimoine messin. La circulation automobile du boulevard s’effectuerait alors par une trémie souterraine d’une vingtaine de mètres, semblable à celle située devant la ville close de Saint-Malo. Un tel parvis sécurisé permettrait, outre la mise en valeur de ce site prestigieux, une meilleure liaison entre Bellecroix et l’ancienne ville.
De plus, la porte des Allemands étant située sur la Seille, il convient d’aménager une passerelle en bois, similaire à celle du quai du Temple-Neuf créée au début des années 1980. Longeant la Seille à hauteur respectable (à cause des crues) jusqu’aux Arènes et au parc de la Seille, elle permettrait enfin l’achèvement de la liaison Seille-Moselle. L’accès à la passerelle se ferait par l’escalier à vis visible dans la cour et débouchant aujourd’hui au-dessus de la rivière.
Enfin, Metz, étant candidate à l’obtention du label « Ville d’art et d’histoire », se doit de créer un centre d’interprétation de l’architecture et du patrimoine, destiné à présenter l’histoire et les projets d’aménagement contemporains de la ville. La porte des Allemands se prête tout à fait à ce projet, qui pourrait être couplé à une antenne de l’office de Tourisme. Dans ce cas, pourquoi ne pas reconstruire les bâtiments détruits lors de la libération de la ville en novembre 1944, afin d’augmenter la surface aménageable pour que le site accueille aussi les 89 maîtres d’art français ? La porte deviendrait ainsi une vitrine exceptionnelle de la création française contemporaine, à proximité du faubourg d’Outre-Seille et du Centre Pompidou.