Au service du patrimoine
Pierre Aubert et le Républicain Lorrain ont mille fois raison de signaler les 24 édifices historiques vacants ou délaissés à Metz dans l’indifférence générale (notre édition de jeudi). La Ville a déjà bien travaillé : par obligation pour nos églises comme Saint Vincent ou pour réaliser de grands projets comme l’Arsenal. Il semble qu’avec le musée Pompidou, la Ville touche ses limites financières. Il lui reste donc à encourager les courageux.
Metz, dans le passé, a toujours trouvé des courageux pour sauver sa prospérité ou sa liberté. Ce furent ses corporations qui furent chargées au Moyen Age par les « paraiges » de consolider et défendre les tours des remparts de la ville. Metz se rappelle encore de ses corporations dans le nom de ses places et de ses rues : Charrons, Fournirue, Chaplerue... Or, les paraiges viennent de renaître à Metz, juste à temps pour nous rappeler que, dans ses malheurs passés, cette ville a toujours su trouver en elle-même la solution à ses problème sans rien attendre de l’Evêque, du Roi ou de la République.
Les corporations aujourd’hui sont représentées par les Chambres de Métiers, de Commerce, du BTP, mais aussi par les amicales de retraités qui seront ravies d’avoir un lieu où elles pourront faire revivre les ateliers perdus et l’esprit qui y régnait. J’imagine les amicales des militaires retraités, chargées de créer enfin un musée des traditions militaires dans l’abbatiale de Saint-Arnould (rue du Juge-Michel), l’ancienne résidence des généraux. Reste à l’armée à céder ce bâtiment vacant à la ville et à aider les bénévole.
J’attends, à l’initiative des « paraiges de Metz », de voir inviter toutes les associations et toutes nos corporations pour entreprendre le sauvetage d’autres vestiges. Vous n’y croyez pas ? Nous si, car Metz a l’habitude de sauver elle-même !
Article paru dans le Républicain lorrain, le 27 octobre 2008.